L’arthrose en détail

Les symptômes de l’arthrose

La douleur est le symptôme principal. Elle varie selon l'articulation concernée.

Les caractéristiques de la douleur de l'arthrose sont bien particulières :

  • elle est déclenchée et augmentée par le mouvement;
  • elle cesse ou diminue lorsque l'articulation est au repos;
  • elle est moins importante le matin, elle augmente dans la journée et est maximale le soir;
  • elle gêne traditionnellement l'endormissement, et peut exceptionnellement entraîner des réveils nocturnes;
  • elle réapparaît chaque fois que l'articulation en cause est soumise à un effort: la marche pour l'arthrose de hanche, monter un escalier pour le genou.

 

Mais il peut exister des poussées inflammatoires sur ce fond douloureux chronique qui se manifestent par des réveils nocturnes, un épanchement articulaire et un dérouillage matinal de plusieurs minutes.

La gêne fonctionnelle

La limitation de certains mouvements dépend surtout de la douleur. Les articulations sont sensibles et manquent de souplesse. La facilité et l'ampleur des mouvements ont diminué. Tous ces changements rendent les mouvements pénibles et les tâches quotidiennes plus difficiles à accomplir. C'est le cas par exemple pour monter l'escalier. En effet, la gêne fonctionnelle correspond à la limitation de la mobilité de l'articulation touchée par l'arthrose.

Elle est variable selon l'activité de la personne. Ainsi, un joueur de golf sera beaucoup plus gêné par une arthrose du genou qu'un sujet ne pratiquant pas de sport.

Les articulations arthrosiques ne sont, en principe, ni rouges, ni chaudes. Elles peuvent être gonflées lorsque s'installe un épanchement liquidien (épanchement de synovie), ce qui est particulièrement fréquent au niveau des genoux.

Plus tardivement, ces personnes peuvent peut-être constater la présence de petites bosses ou nodules. A la longue, les excroissances osseuses ou ostéophytes provoquent des déformations des articulations, surtout visibles au niveau des genoux. L'état général est toujours bon. Il n'y a ni fièvre ni amaigrissement.

Cependant, les lésions arthrosiques sont irréversibles et aboutissent parfois, outre les déformations, à un enraidissement articulaire. Les atteintes du genou et de la hanche peuvent conduire à un handicap important, apprécié par le périmètre de marche, selon les indices fonctionnels de Lequesne.

L’arthrose du genou

 
Il s'agit de la localisation la plus fréquente de l’arthrose des membres inférieurs. Elle touche plus souvent la femme après l'âge de 40 ans. Les symptômes de l'arthrose du genou (aussi appelée gonarthrose) sont :

  • La douleur

Les douleurs de l’arthrose peuvent revêtir toutes les intensités depuis un niveau très modéré jusqu'à une douleur insupportable. Elles sont, en général, localisées dans la zone arthrosique, face interne ou externe du genou, mais peuvent parfois être sans rapport précis avec la localisation arthrosique, et notamment au niveau de la partie postérieure du genou (appelé creux poplité). La douleur de l'arthrose est essentiellement liée à l'activité, à la marche, à la montée et à la descente des escaliers. Elle est accentuée par le surpoids et le port de charges lourdes. Elle diminue généralement avec le repos, en position assise ou couchée. Elle peut parfois s'accompagner d'inflammation et réveiller le patient la nuit.

  • Le gonflement ou épanchement de synovie

La membrane synoviale du genou, irritée par les débris de cartilage et de nombreux produits inflammatoires libérés au cours de l'arthrose, accentue la production du lubrifiant intra-articulaire appelé liquide synovial.

Son volume peut parfois augmenter et peut causer une gêne conséquente, du fait de l'hyperpression qu'il entraîne, en particulier au niveau de la partie postérieure du genou. Lorsque l'épanchement de synovie est important, une ponction peut s'avérer nécessaire.

L’arthrose de la hanche

 
L’arthrose de la hanche est aussi appelée coxarthrose.

Elle survient le plus généralement vers 60 ans et est favorisée par la surcharge pondérale et les travaux de force. Dans certaines familles, un caractère héréditaire peut également être retrouvé. Les douleurs de coxarthrose siègent électivement dans le pli de l’aine ou de la fesse et peuvent irradier devant la cuisse, jusqu’au genou.

Parfois, la douleur est ressentie uniquement au genou. Les arthroses secondaires qui peuvent apparaitre chez l’adulte jeune sont dues à des malformations, acquises ou congénitales, de la hanche.

Ces malformations doivent être dépistées précocement par radiographie car elles peuvent nécessiter le recours à la chirurgie correctrice, dans un but préventif.

 

Diagnostic de l’arthrose

Le diagnostic de l’arthrose est avant tout clinique.

En règle générale, le médecin fait le diagnostic de l'arthrose après avoir interrogé le patient sur la nature de ses douleurs et sur l’apparition d’une gêne articulaire, et après l’avoir examiné: le réveil de la douleur à la pression et/ou à la mobilisation de l'articulation, une diminution de la mobilité articulaire, voire une tuméfaction autour de l'articulation, sont des signes évocateurs. Elles surviennent en général à l’effort et sont soulagées par le repos. Il peut exister des poussées inflammatoires d’arthrose qui, dans ce cas, réveillent la nuit et entraînent un dérouillage matinal.

La radiographie peut montrer:

  • un pincement de l'interligne articulaire localisé dans la zone de pression principale de la jointure;
  • l'existence d'ostéophytes qui élargissent les contours articulaires;
  • une condensation de l'os sous-chondral (situé sous le cartilage) dans la région du pincement articulaire;
  • des géodes qui sont inconstantes et siègent au sein de la condensation (aspect de zones arrondies, grises dans la condensation); à un stade tardif, une érosion de l'os sous-chondral localisée dans la zone de pression où le cartilage a disparu.

Il n'existe pas de signes biologiques spécifiques de l’arthrose. Un examen sanguin n’est donc pas utile pour confirmer une arthrose

Le liquide synovial, obtenu par ponction de l’articulation, est en très faible quantité en dehors des poussées inflammatoires. En cas d’arthrose, il est dit mécanique (aspect identique à celui de l'huile de cuisine), c'est-à-dire clair, visqueux, contenant moins de 1.000 globules blancs/mm3, avec moins de 50% de polynucléaires.

En pratique, la radiographie simple est généralement suffisante pour le diagnostic et le suivi.

Evolution de l’arthrose

L’évolution de l’arthrose est imprévisible.

L’arthrose peut évoluer:

  • lentement, sur plusieurs dizaines d’années;
  • rapidement, vers un amincissement majeur du cartilage en quelques années;
  • sur une plus ou moins longue période, entrecoupée de « poussées inflammatoires » ou « crises douloureuses aiguës » pendant lesquelles la destruction du cartilage s’accélère.

 

Il n’existe pas de concordance entre les images radiologiques et l’intensité de la douleur. Au niveau du genou par exemple, les anomalies radiologiques peuvent être minimes et la gêne douloureuse très forte.

Cela n’empêche pas que la surveillance radiologique des lésions est d’un grand intérêt. Notamment au décours d’une crise douloureuse aiguë où le contrôle radiologique permet d’évaluer la perte de cartilage (selon le degré de « pincement articulaire »).

Facteurs de risque

Certaines situations ou comportements à risque peuvent favoriser l'apparition et/ou l’aggravation de l'arthrose. Il est important de les connaître car il est possible d’agir contre certains d’entre eux.

Les micro-traumatismes répétés

Des lésions microscopiques, dues à une sollicitation trop importante, peuvent traumatiser les articulations et entraîner l’apparition d’une arthrose.
C'est le cas dans certaines professions où les sujets sont soumis à des vibrations mécaniques et des chocs répétés (par exemple: utilisateur du marteau-piqueur, conducteur d'engins de chantier…). On décrit également des cas d'arthrose du genou chez les personnes travaillant souvent en position agenouillée (par exemple: carreleur).

Les traumatismes articulaires

Les fractures articulaires et les entorses graves, notamment celles touchant le ligament croisé du genou, sont souvent à l’origine d’une arthrose dont les premiers symptômes apparaissent une dizaine d’années plus tard. La pratique excessive du sport est une cause d’arthrose précoce, en raison notamment des traumatismes répétés (par exemple : arthrose de hanche des footballeurs).
L’ablation totale d’un ménisque du genou (méniscectomie) est une fois sur deux à l’origine d’une arthrose apparaissant 10 à 20 ans plus tard. C’est la raison pour laquelle il faut être le plus économe possible lorsqu’on propose une intervention chirurgicale sur un ménisque.

L’excès de poids

L'obésité est non seulement un facteur prédisposant de l'apparition de l'arthrose du genou mais également de son aggravation.
Il existe une formule vous permettant de calculer votre indice de masse corporelle (IMC), dont la valeur normale se situe entre 20 et 25. L’IMC d’une personne est égal à son poids en kilogramme divisé par le carré de sa taille en mètre.

Par exemple, l’IMC d’une personne pesant 83 kg et mesurant 1,75 mètre est égal à :
83 divisé par (1,75)²
soit : 83 divisé par 3,0625 = 27,10
Par définition, une personne dont l’IMC est supérieur à 25 est considérée comme présentant un poids excessif.
On parle de surpoids lorsque l’IMC est compris entre 25 et 29,9 et d’obésité lorsque l’IMC est égal ou supérieur à 30.

La ménopause

Chez les femmes, l’arthrose est plus fréquente après la ménopause. On pense que les hormones sexuelles pourraient être en cause, mais, pour l'instant, aucun traitement hormonal substitutif administré après la ménopause n'a fait preuve d'un effet protecteur dans l'arthrose.

L’hérédité

L'hérédité a un rôle dans l'arthrose. De nombreuses études épidémiologiques ont déjà établi qu'il existe un caractère familial pour l’arthrose du  genou. Les recherches génétiques ont montré, dans certaines familles, des anomalies des gènes intervenant dans la fabrication des éléments du cartilage.

Les troubles de l'architecture des membres

Certaines anomalies du squelette et/ou des membres peuvent être à l'origine d'arthrose.
Ainsi, la luxation congénitale de hanche doit être systématiquement recherchée.
Une déformation de l'axe de la jambe peut constituer un facteur favorisant l'arthrose : c’est le cas du genu varum, une déformation fréquente dans laquelle les deux genoux s'écartent l'un de l'autre.
Le déplacement du centre de gravité du genou en dedans augmente les pressions internes au niveau des cartilages de l'articulation entre le fémur et le tibia et peut donc favoriser la survenue d'une arthrose à ce niveau.

A l'inverse, dans le genu valgum (genoux en "X"), les genoux se rapprochent l'un de l'autre tandis que les chevilles s'écartent. C’est également un facteur de risque d’arthrose du genou.